Photo d'Elise Eifler par Cécile Marche Photographie

« Tendresse »

« L’étincelle d’une Mère »

Une bulle au cœur du bouillonnement


J’ai réalisé une petite création en argile lors des Journées Européennes du Patrimoine, dans un lieu magique, un véritable sanctuaire énergétique. Ce jour-là, les visiteurs étaient nombreux : les bus arrivaient et déversaient quatre-vingts personnes à la fois.

Au milieu de ce bouillon de découvertes et d’histoires partagées, je crée. Même si je suis présente et que j’entends tout, il y a une bulle autour de moi, invisible, et pourtant ceux qui s’arrêtent pour regarder la création évoluer s’y arrêtent vraiment. Leur regard devient attentif, plus un mot ne sort de leur bouche. Ancrée dans l’instant présent, j’alchimise : en créant, l’énergie ambiante se transforme. Les énergies du Féminin Sacré m’inondent d’instant pur.

Une renarde et son petit

Petit à petit, je vois la création prendre forme : une Renarde avec son Petit, un instant de tendresse qui s’inscrit dans la matière. Qu’est-ce que j’aime ma relation à la terre ! Voir où elle m’emmène est pour moi inlassable.

Le temps de la terre

Le soir, quand l’argile est prête pour l’étape suivante, j’évide la création. Pour qu’elle puisse passer au four quelques semaines plus tard, ses parois ne doivent pas dépasser un centimètre et demi.

Vient ensuite le temps du séchage. L’argile doit sécher uniformément, pas trop vite, pour éviter tout risque de fissures. Nous entrons doucement dans la saison de l’automne, et le séchage à cœur dure trois semaines. Je ponce légèrement la pièce, et elle est prête pour le feu.

L’épreuve du feu

Dix heures de montée en température, puis deux jours de patience : je n’ouvre le four que lorsque la température intérieure du four est équivalente à celle de l’extérieur.

La patine, ou le souffle de l’œuvre

Je choisis une patine acrylique. J’aime chaque étape de l’élaboration d’une création. Une couleur par ici, une autre par-là, la magie opère. La patine est l’étape où l’œuvre prend son souffle.

Et puis une envie m’embarque : dessiner un soleil sur son front. J’ai envie de couleur ! Quand mon Âme me souffle une envie, j’adore. Je me lance alors dans une recherche : quelle est la symbolique de la Renarde et du Soleil ? Et là, comme à chaque fois, le voyage prend son sens.

Laissez-moi vous partager l’histoire.

Le soleil au féminin

On imagine souvent le Soleil comme une figure masculine, souveraine et dominatrice : Râ en Égypte, Hélios en Grèce, Apollon chez les Romains. Pourtant, plusieurs cultures l’ont incarné au Féminin. Au Japon, Amaterasu, déesse du Soleil, est l’ancêtre mythique de la lignée impériale. Chez les Baltes, Saulė est la Mère-Soleil, tandis que chez les Hittites, Arinna était une grande déesse solaire, protectrice du royaume.

Ces figures nous rappellent que le soleil n’est pas seulement l’astre qui règne depuis le ciel. Il peut être celui qui nourrit, qui réchauffe la terre et fait croître les récoltes, celui qui donne la vie plutôt que celui qui juge. Cette lumière là ne cherche pas à éblouir : elle accompagne, elle fait grandir, elle prend soin. C’est ce visage du Soleil que j’ai senti émerger sur le front de ma Renarde.

Ce que la rencontre du renard et du soleil me raconte

Voici ce que cette rencontre m’inspire. Ce sont des lectures personnelles, nourries de symboles venus de nombreuses cultures.

Une sagesse intuitive éclairée

Le Renard est un animal qui voit dans la pénombre. Il évolue à la lisière des bois, observe sans être vu, et trouve son chemin là où d’autres hésitent. Le Soleil, lui, éclaire, révèle et rend visible ce qui était caché. Réunis sur une même sculpture, ils figurent pour moi une connaissance qui naît de l’intuition plutôt que de la force : savoir sans avoir besoin d’écraser, comprendre sans avoir besoin de prouver.

C’est une intelligence souple, qui sait se faufiler et s’adapter, et qui trouve dans la lumière du Soleil un sens plus large. Ce n’est plus seulement la ruse qui permet de survivre, mais une clarté intérieure qui permet de se choisir et de se guider.

Le cycle

La Renarde apparaît à l’aube et au crépuscule, ces moments où le Soleil franchit lui aussi la frontière entre le jour et la nuit. Elle vit sur les seuils, là où une chose se termine et où une autre commence. Ces passages rejoignent les rythmes du Féminin : les cycles lunaires, la naissance, la transformation, les saisons de la vie qui se succèdent.

Rien n’est figé dans cette image. Le Soleil se couche pour mieux se lever, la nuit prépare le jour, et la Renarde rôde entre les deux en gardienne de ces passages. Elle me rappelle que chaque fin porte déjà un commencement, et qu’il y a une grande douceur à accepter ce mouvement plutôt qu’à le retenir.

La transmission

Une mère et son petit, avec cette lumière sur le front : voilà ce que je vois dans ma création. La Renarde est une mère attentive. Elle protège sa tanière, élève ses petits, leur apprend à chasser, à se cacher, à lire le monde autour d’eux. Sa tendresse est faite de présence et de vigilance à la fois.

Le Soleil devient ici ce qui passe de l’une à l’autre : une étincelle, une vision, une lignée. Ce que les Mères transmettent n’est pas toujours visible. C’est une manière d’être au monde, une confiance, une lumière qui se dépose tout doucement dans le regard de l’enfant et qui continue de briller longtemps après.

La lumière intérieure

Placé sur le front, le Soleil me rappelle le « troisième œil » des traditions indiennes et yogiques, siège de l’intuition et de la vision intérieure. C’est une lecture contemporaine, que je partage ici comme telle, et non comme un savoir ancestral d’une culture précise.

Cette image me touche parce qu’elle dit une lumière qui ne vient pas d’en haut, mais qui s’allume de l’intérieur. Chacune de nous porte ce Soleil en elle, même quand il est discret, même quand il attend le bon moment pour se révéler. Le dessiner sur le front de la Renarde, c’était peut-être me le rappeler à moi aussi.

En refermant le voyage

En dessinant ce Soleil, j’ai ressenti comme un souvenir qui remontait. Peut-être celui d’une sagesse ancienne que l’énergie du Féminin Sacré porte en elle : intuitive, tendre et vigilante à la fois. Une mémoire qui ne s’apprend pas dans les livres, mais qui se retrouve dans le geste, dans la terre, dans l’instant où l’on se laisse guider.

Que cette Sculpture du Féminin Sacré vous apporte la douceur de la tendresse et la confiance en votre intuition. Qu’elle vous rappelle que la lumière que vous cherchez est déjà en vous, et qu’elle n’attend que le bon moment pour se révéler. Que la Renarde et son Petit vous murmurent que ce que l’on transmet avec amour continue de briller longtemps après, et que chaque seuil que vous traversez porte déjà en lui un nouveau commencement.

… En ce jour précis, à ma Maman …


A toutes les Mamans,

Elise

Photos de Cécile Marche @cecilemarche.photographie

A découvrir