Septembre, ou l’Art de se retrouver
Septembre est un mois « clin d’œil ». On a l’impression qu’il file entre nos doigts à une vitesse fulgurante — comme s’il cherchait à nous éloigner de nous-mêmes. Et si c’était l’inverse ?
Une transition, à l’extérieur comme à l’intérieur
Sur le plan de la nature, septembre amorce la bascule vers l’automne : les températures baissent, les couleurs changent, la lumière se fait plus douce. Naturellement, nous ressentons le besoin d’investir « notre intérieur » — au sens propre, notre maison, et au sens spirituel, notre monde intérieur.
Ce mouvement de repli n’a rien d’un renoncement. C’est une invitation profondément féminine : celle de revenir vers Soi, comme la terre se resserre avant l’hiver pour mieux se régénérer.
Le mois du repositionnement
Car derrière cette vitesse apparente, septembre est aussi un mois de vérité. C’est souvent à cette période que l’on se retrouve face à des situations, des relations, des habitudes qui ne nous correspondent plus. Ce qui semblait aller de soi en été se révèle parfois désaligné.
Ce n’est pas un hasard. C’est une invitation au repositionnement — et se repositionner demande, avant tout, de s’arrêter.
Écouter sa boussole intérieure
Nos émotions sont d’une richesse inestimable — à condition de leur laisser une place. Quand nous ralentissons, quand nous cessons de courir après le temps qui passe, un espace se crée. C’est dans cet espace que notre boussole intérieure peut enfin se faire entendre.
Elle ne parle pas fort. Elle vibre, elle murmure, elle se ressent avant de se comprendre. C’est précisément cela, l’énergie du Féminin Sacré : cette part en nous — femmes comme hommes — qui sait avant de savoir, qui sent avant de comprendre. Une intelligence de l’intuition, de l’écoute, du ressenti, trop souvent mise de côté au profit de la raison et de la performance.
« Repos », une création qui incarne ce mois
C’est cette énergie que j’ai voulu capturer dans cette création, « Repos » : deux faons blottis l’un contre l’autre, endormis en toute confiance au creux de la mousse.
La biche est messagère de douceur et de grâce. Guide silencieuse entre les mondes, elle avance sans bruit, toujours reliée à la forêt qui l’entoure et la protège — à l’image de cette guidance intérieure que nous portons tous, quand nous acceptons de nous y reconnecter.
Ces faons endormis ne sont pas dans le renoncement. Ils sont dans la confiance totale que la vie, la terre, l’instant présent, prennent soin d’eux. C’est exactement ce que septembre nous invite à faire : nous abandonner, un instant, pour mieux nous repositionner ensuite.
Où mettons-nous notre énergie ?
Septembre nous rappelle une chose essentielle : la vie passe vite. Alors, quelles sont nos priorités ? Où choisissons-nous d’investir notre énergie, notre attention, notre présence ?
Ralentir, accueillir ce que l’on ressent, écouter sans juger — c’est peut-être la meilleure façon de ne pas se laisser emporter par la vitesse de ce mois de transition. C’est se donner la chance de se repositionner, en conscience, vers ce qui nous correspond vraiment.
Et vous, qu’est-ce que votre boussole intérieure vous murmure, en ce début septembre ?
Affectueusement,
Elise
